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Rythmes scolaires

Introduction

En préalable, une remarque :

  • On peut entendre l’expression rythmes scolaires de 2 façons différentes :
    Soit il s’agit du rythme des enfants : rythme biologique, rythme chrono psychologique en situation scolaire.
  • Soit du calendrier et des emplois du temps imposés aux élèves.

Les premiers dépendent des enfants, les seconds sont gérés par les adultes.

Le problème posé est celui d’harmoniser les 2, d’organiser des emplois du temps scolaire respectant les rythmes naturels de l’enfant, afin de répondre à 3 objectifs :

  • Améliorer les conditions d’apprentissage par des emplois du temps appropriés.
  • Réduire la fatigue et les tensions de l’enfant.
  • Instaurer une meilleure qualité de vie de l’enfant dans l’école.

On voit déjà que la tâche n’est pas facile puisque la scolarisation va de la maternelle au lycée et que les besoins physiologiques et chrono-psychologiques ne sont évidemment pas les mêmes en fonction de l’âge de l’élève.

L’Académie Nationale de Médecine a constitué un groupe de travail chargé d’apprécier les conséquences de l’aménagement du temps scolaire sur la santé de l’enfant.

Un rapport a été rendu en janvier 2010.

Il souligne plusieurs points :

  1. L’importance de la prise en compte des rythmes biologiques et psychophysiologiques de l’enfant  dans toute réflexion sur ce sujet.
  2. La désynchronisation des enfants  c'est-à-dire l’altération du fonctionnement de leur horloge biologique lorsque celle-ci n’est plus en phase avec les facteurs de l’environnement entraîne  fatigue et difficultés d’apprentissage.
  3. Le rôle néfaste à cet égard de la semaine de 4 jours sur la vigilance et les performances des enfants les 2 premiers jours de la semaine, en relation avec un week-end prolongé.
  4. Le rôle primordial du sommeil.

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1. Rythmes biologiques de l’enfant

Nous sommes tous soumis à des rythmes biologiques dont le plus évident est l’alternance veille sommeil, mais il en existe bien d’autres (variation de la pression artérielle, du rythme cardiaque, de la température corporelle, de certaines secrétions hormonales...) : on peut parler d’une horloge biologique interne.

Certains de ces rythmes sont dits circadiens, c'est-à-dire qu’ils évoluent sur une période d’environ  24 heures (ex : alternance veille -sommeil), d’autres évoluent sur une période + courte (ultradiens ; ex : électrocardiogramme) ou plus longue (infradiens, liés aux facteurs  saisonniers ).

Le sommeil

Une bonne nuit prépare une bonne journée, mais on peut également dire qu’une bonne journée prépare une bonne nuit.

Le sommeil est indispensable à une bonne qualité de vie.

Il ne s’agit pas d’une interruption de l’activité cérébrale, mais d’un autre type d’activité du cerveau et de l’organisme.

L’emploi du temps d’un enfant ou d’un adolescent devrait permettre de respecter ces besoins en sommeil.

Les Besoins de sommeil varient en fonction de l’âge

  • Sommeil nocturne :
    • environ 11heures  à 4 ans,
    • 10 heures à 10 ans,
    • Entre 9 et 10 heures chez l’adolescent.
  • Sommeil de sieste : nécessaire entre 2 et 5 ans à 6 ans.

Mais il existe aussi des variations individuelles (grands dormeurs, petits dormeurs, personnes du matin ou du soir).

Chez l’enfant entre 6 et 11 ans, le sommeil est très stable et la vigilance diurne très bonne. La régularité des heures de coucher et de lever est fondamentale.

Chez l’adolescent , le sommeil est caractérisé par l’existence d’un retard de phase et par des irrégularités du rythme veille- sommeil: difficultés d’endormissement, éveils nocturnes, réveils difficiles le matin, et on note une certaine somnolence diurne.

A cet égard, la sieste pourrait être souhaitable chez l’adolescent pour pallier à l’insuffisance du temps de sommeil nocturne et de sa qualité ; une journée commençant plus tard permettrait également de tenir compte des particularités du sommeil de l’adolescent.

Les grasses matinées en week-end peuvent être récupératrices chez l’adolescent, à condition de ne pas se prolonger trop longtemps.

Composante endogène

Les rythmes biologiques sont génétiquement déterminés.

(Prouvé par des expériences hors du temps, les rythmes de jumeaux homozygotes)

Composante exogène

L’organisme est capable de s’adapter (décalage horaire, poste de travail de nuit) et certains facteurs jouent le rôle de synchronisateurs : alternance jour- nuit, repas, alternance des saisons, température extérieure ; ils ne font que moduler les rythmes.

Structure du sommeil

Le sommeil est constitué de 4 à 5 cycles de 1 heure 30 à 2 heures chacun.

Chaque cycle comporte une phase d’endormissement, une période de sommeil de plus en plus profond, puis une période de sommeil paradoxal (sommeil de rêve).

La période d’endormissement est indispensable à respecter : si on la laisse passer, il faut attendre le cycle suivant pour s’endormir (1 heure 30 à 2 heures plus tard).

Important +++ pour les jeunes enfants et les adolescents.

Le sommeil perdu le soir ne se récupère pas par des grasses matinées chez l’enfant de maternelle ou de primaire, même s’il en a la possibilité.

Rôle du sommeil

Récupération de la fatigue physique et psychique.

Secrétions de certaines hormones (en particulier hormone de croissance).

Pendant le sommeil paradoxal, sommeil de rêve : résolution des conflits, maturation du système nerveux chez l’enfant, mémorisation.

Effets du manque de sommeil

Troubles de l’attention et de la concentration, fatigue,  voire agressivité....

Conditions d’un bon sommeil

La régularité des heures de lever et de coucher est indispensable.

Activité physique  indispensable dans la journée mais à distance du coucher.

Eviter un repas trop important le soir.

Pas de télé, ordinateur, travail intellectuel... avant le coucher : perturbe l’endormissement.

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2. Rythmes chronopsychologiques

Le niveau de vigilance et d’efficience intellectuelle varie dans la journée, dans la semaine, et dans l’année.

Dans la journée

Les moments favorables d’apprentissage dans la journée ont fait l’objet d’études concordantes : l’enfant arrive fatigué à l’école quelle que soit la durée de son sommeil la nuit précédente ; puis il va augmenter progressivement ses capacités d’attention et d’apprentissage dans la matinée avec un pic entre 10 et 11 heures.
Cette période est particulièrement propice à l’acquisition de tâches nouvelles et à la mémorisation à court terme.

Après le repas de midi, la vigilance et l’efficience diminuent pour redevenir performantes entre 15 heures et 16 heures. Cette période est favorable pour la mémorisation à long terme.

Les veilles ou lendemains de jours de congé ne sont pas propices aux apprentissages et la courbe de vigilance peut être carrément inversée.

Dans la semaine

Pour que la synchronisation entre les rythmes propres de l’élève et le rythme scolaire imposé se fasse au mieux, la régularité est importante.

Toutes les ruptures sont susceptibles de modifier cette synchronisation.

Ce phénomène est d’autant plus accentué que les élèves sont plus jeunes, moins performants sur le plan scolaire, ou plus fatigables.

Dans l’année

Les vacances scolaires doivent durer  2 semaines ; c’est le temps nécessaire pour que l’enfant retrouve son propre rythme et mette son organisme et son esprit sur un rythme « congé », en particulier aux périodes saisonnières où il est le plus fatigué ( vacances de Toussaint ; vacances d’hiver).

L’alternance 7 semaines de travail- 2 semaines de congé parait être la meilleure formule pour équilibrer le calendrier de l’année.

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Conclusion

Quand il y a respect des rythmes biologiques et chronopsychologiques de l’enfant, les conditions de son épanouissement personnel et scolaire sont réunies.

Par contre, le non –respect de ses rythmes amène une désynchronisation, source de fatigue et de tension : mauvaise qualité du sommeil, perte d’appétit, troubles de la concentration et des performances qui vont gêner l’enfant dans ses apprentissages, voire troubles du comportement.

Il faut savoir que les conséquences du non- respect des rythmes sont d’autant plus importantes que l’élève  a plus de difficultés, est plus fatigable...

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mise à jour : novembre 2010

  Intervenant 

Catherine VARNOUX
médecin conseil technique